Skip to content
Se connecterCommencer gratuitement
Photo : Lance Lozano / Unsplash · Philippines

D’une économie à l’autre · 19

Les Philippines paient mieux les femmes, sauf métier par métier

Les hommes gagnent plus dans sept familles de métiers sur neuf.

Un chiffre dit que les Philippines paient les femmes plus que les hommes à l’heure, 122,2 pesos contre 105,9. Découpez la même enquête en ses neuf familles de métiers et le signe s’inverse dans sept d’entre elles. Voici comment les deux sont vrais à la fois, pourquoi c’est le cas dans la plupart des quatre-vingts économies qui le mesurent, et ce que cela change quand vous fixez ou négociez un salaire.

-15,3 %est l’écart horaire des Philippines sur l’ensemble des salariés en 2024, négatif parce que la femme moyenne gagne davantage : 122,2 pesos de l’heure contre 105,9
6,3 %est l’écart dans la médiane de ses neuf familles de métiers, où les hommes sont mieux payés dans sept des neuf
12,5 %est l’écart de la famille de métiers médiane sur les 80 économies, contre 6,8 % sur leur chiffre toutes professions confondues

Dans les familles de métiers, les hommes sont mieux payés dans chaque économie affichée

Ouganda46,4 %
Inde28,5 %
Indonésie23,8 %
États-Unis23,6 %
Brésil15,8 %
Viêt Nam13,8 %
Royaume-Uni13,0 %
Pakistan12,0 %
Portugal11,7 %
Grèce11,3 %
Türkiye11,1 %
Thaïlande9,5 %
Philippines6,3 %
Mexique5,7 %
France4,9 %
Italie4,2 %
Colombie2,4 %
Écart salarial horaire médian sur les neuf familles de métiers ISCO, hommes moins femmes en part du salaire des hommes, dernière année par économie. ILOSTAT, lu le 25 septembre 2026.

Devant au total, derrière métier par métier

Les Philippines publient l’un des écarts les plus favorables aux femmes de l’ensemble. Sur tous les salariés en 2024, leur écart salarial horaire est de moins 15,3 % : la femme moyenne gagne 122,2 pesos de l’heure, l’homme moyen 105,9. Sur 80 économies, quatre seulement déclarent un chiffre plus favorable aux femmes.

La même enquête, découpée selon les neuf familles de métiers dans lesquelles le BIT classe les professions, dit autre chose. Les hommes sont mieux payés dans sept des neuf, et l’écart de la famille médiane est de 6,3 %. Les deux familles où les femmes sont devant sont les emplois élémentaires et les employés de bureau ; dans l’agriculture qualifiée, l’écart atteint 39,4 % dans l’autre sens.

Ce qui bouge entre les deux comptages n’est pas la paie, c’est qui fait quel travail. Les Philippines salariées se concentrent dans les familles les mieux payées et les Philippins dans les moins bien payées, si bien que la moyenne tous salariés porte le tri autant que l’écart, et le tri est le plus grand des deux. Sur l’ensemble, l’écart par famille de métiers de l’économie médiane dépasse de 5,8 points son écart tous salariés.

Provenance : Source
L’écart salarial horaire entre femmes et hommes, compté de deux façons, dans la dernière année déclarée par chaque économie : sur l’ensemble des salariés, et dans la médiane des neuf familles de métiers CITP-08 de la même enquête. Un chiffre positif signifie que les hommes sont mieux payés. La dernière colonne compte combien des neuf familles paient davantage les hommes. Classement par l’écart tous salariés, du plus bas au plus haut ; le rang est parmi les 80 économies déclarant à la fois le total et les neuf familles.
ÉconomieAnnéeTous salariésFamille de métiers médianeFamilles payant plus les hommes, sur neufRang sur 80
Philippines2024-15,3 %6,3 %75
Pakistan2021-5,1 %12,0 %711
Colombie2025-4,6 %2,4 %513
Thaïlande2025-4,2 %9,5 %714
Italie2020-2,5 %4,2 %616
Mexique20250,1 %5,7 %825
Grèce20203,5 %11,3 %830
Türkiye20255,0 %11,1 %934
France20245,4 %4,9 %836
Portugal20257,7 %11,7 %943
Viêt Nam20248,7 %13,8 %948
Brésil202510,0 %15,8 %852
Royaume-Uni202513,4 %13,0 %854
Indonésie202313,5 %23,8 %955
États-Unis202519,2 %23,6 %968
Inde202519,5 %28,5 %870
Ouganda202148,3 %46,4 %980

Vingt-deux économies, le même renversement

Compté sur l’ensemble des salariés, l’écart favorise les hommes dans 56 des 80 économies, et le chiffre médian est de 6,8 %. Compté à l’intérieur de la famille de métiers médiane, il favorise les hommes dans 78 des 80, et le chiffre médian est de 12,5 %. Seuls l’Afghanistan et le Belize paient mieux les femmes dans leur famille de métiers du milieu.

Vingt-deux économies déclarent un écart d’ensemble nul ou favorable aux femmes alors que leur famille de métiers médiane paie mieux les hommes. L’Italie en fait partie, à moins 2,5 % au total et 4,2 % dans la famille médiane. La Thaïlande aussi, moins 4,2 % et 9,5 %. Le Pakistan, la Jordanie, la Tunisie, la Malaisie et la plus grande partie de l’Amérique centrale sont dans le même groupe, et le renversement n’est une propriété ni des pays riches ni des pays pauvres.

Le revenu n’ordonne rien de tout cela. L’écart tous salariés est corrélé à 0,11 avec le logarithme du revenu par habitant et l’écart par famille de métiers à moins 0,11, et ni l’un ni l’autre ne va dans un seul sens à travers les tiers de revenu : médianes d’ensemble de 11,2 %, 1,5 % et 7,6 % du tiers le plus pauvre au plus riche, médianes par famille de 17,9 %, 10,4 % et 12,0 %. L’Ouganda porte l’écart le plus large de l’ensemble, 48,3 % sur tous les salariés, et douze économies se situent au-dessus des 19,2 % des États-Unis.

Ce que tenir le métier constant ne fait pas

Cela n’en fait pas une égalité salariale à travail égal. Neuf familles de métiers, c’est le contrôle le plus grossier possible, et le tri plus fin survit dans chacune d’elles : quelle spécialité, quel employeur, quelle ancienneté, combien d’années dans le poste. Un écart qui subsiste après avoir regroupé un chirurgien et un instituteur n’a pas été corrigé de grand-chose.

Cela n’en fait pas non plus un signal d’embauche. La famille la plus large est l’artisanat et les métiers qualifiés, à une médiane de 18,1 % sur les 80 ; celle où les hommes sont devant dans le plus d’économies est celle des professions intellectuelles et scientifiques, 74 sur 80 ; la plus étroite est celle des employés de bureau, à 5,9 %. Ce sont des moyennes sur des métiers très différents, et aucune ne décrit une offre en particulier.

Et l’écart est la même mesure des deux côtés de la comparaison. Dans 15 des 80 économies, la famille de métiers médiane est PLUS ÉTROITE que le chiffre tous salariés, dont la France, à 4,9 % contre 5,4 %. Tenir la famille de métiers constante n’élargit pas automatiquement un écart. Cela l’élargit dans 65 des 80 à cause de la façon dont se répartit le travail des hommes et des femmes, ce qui est un fait sur la répartition et non sur la mesure.

Provenance : SourceCe que cela compte
  1. L’écart est HORAIRE, et il est brut. Les heures sont déjà divisées, donc rien là-dedans n’est le temps partiel que les femmes exercent davantage. Mais rien d’autre n’est tenu constant : c’est la distance entre deux moyennes, pas une estimation de ce qu’une femme reçoit pour le travail d’un homme. La série publiée a été vérifiée contre les gains horaires du BIT lui-même, qui la reproduisent dans 5 172 cellules comparables sur 5 172, là où la série mensuelle en reproduit 47.
  2. Une famille de métiers est l’un des NEUF grands groupes de la CITP-08, pas une profession. Les « professions intellectuelles et scientifiques » réunissent un chirurgien et un instituteur ; les « services et vente » réunissent un vendeur et un gérant de restaurant. Tenir la famille constante retire le tri le plus grossier entre travail d’hommes et travail de femmes, et laisse intact tout tri plus fin à l’intérieur.
  3. Qui entre dans la moyenne est décidé par le marché du travail, pas par le statisticien. Seuls les salariés déclarant un gain sont comptés, si bien que là où peu de femmes occupent un emploi rémunéré, celles qui en occupent un sont exceptionnellement qualifiées et le chiffre d’ensemble peut leur être favorable. L’Afghanistan affiche moins 125 %. C’est pourquoi la comparaison se fait ici entre deux comptages AU SEIN d’une économie, jamais entre les niveaux de deux économies.

Donc les moins 15,3 % des Philippines ne disent pas que les Philippines paient mieux les femmes à travail égal, et leurs 6,3 % ne disent pas que les hommes y sont payés 6,3 % de plus à travail égal : ils disent qu’en 2024 la salariée moyenne gagnait 15,3 % de plus de l’heure que le salarié moyen, et que des neuf familles de métiers où elle pouvait travailler, sept payaient davantage les hommes, celle du milieu de 6,3 %.

Un écart horaire, calculé deux fois sur les mêmes répondants, et une lecture qui oublie ce qui est tenu constant dit ce que la source ne dit pas.

Ce que ces écarts ne disent pas

Ils ne disent pas que les femmes sont moins payées pour le même poste. Le contrôle est ici un groupe de professions, pas un poste, et ni les heures, ni le contrat, ni l’ancienneté, ni l’entreprise ne sont tenus constants. Ce que les deux comptages établissent ensemble est plus étroit et plus solide : la moyenne d’ensemble n’est pas un résumé de ce qui se passe à l’intérieur du travail.

Ils ne classent pas les économies. Qui entre dans la moyenne dépend de qui occupe un emploi rémunéré, si bien qu’un pays où peu de femmes travaillent peut déclarer un écart à leur avantage sans que rien de son marché du travail ne leur soit favorable. Les moins 125 % de l’Afghanistan sont cela, et c’est pourquoi toute comparaison est faite ici au sein d’une économie.

Et ils ne nomment aucune cause. La ségrégation professionnelle, les heures, l’ancienneté, l’entreprise, la négociation, la discrimination et la composition de qui travaille contre un salaire se tiennent toutes derrière ces deux nombres, et aucune n’est mesurée ici. Chaque économie apparaît une fois, dans sa propre dernière année : rien ici ne dit qu’un écart s’est élargi ou resserré.

Ce que cela change pour vous

Si vous fixez les salaires aux Philippines

L’écart toutes professions ne vous montrera pas de problème ; l’écart par famille de métiers, si. Comparez la paie à l’intérieur d’un poste, à heures égales, et publiez la fourchette : c’est là que vivent les 6,3 %.

Si vous négociez un salaire là où l’écart est mesuré

Un chiffre toutes professions favorable à votre sexe ne dit rien de votre poste. Demandez la fourchette de cette famille de métiers à ce niveau ; aux Philippines, dans sept familles sur neuf, la réponse favorise les hommes.

Comment cela a été compté

Méthode

  1. Une série publiée. Flux ILOSTAT DF_EAR_GGAP_OCU_RT, l’écart salarial entre femmes et hommes par profession, lu via l’API SDMX du BIT le 25 septembre 2026 (la date est l’horodatage du fichier téléchargé, 21:58). Un chiffre positif signifie que les hommes sont mieux payés ; la convention de signe a été confirmée contre les gains sous-jacents. Pour chaque économie, la dernière année de 2019 à 2025 est retenue, et le plafond d’année s’applique AVANT le choix de la dernière année, si bien qu’une économie est écartée faute d’année utilisable et jamais pour en avoir une de trop. Les observations que le BIT signale comme peu fiables sont écartées et non moyennées.
  2. LE CONCEPT DE GAIN A ÉTÉ ÉTABLI, PAS SUPPOSÉ. Les pages de définition d’ILOSTAT sont derrière un contrôle anti-robot qu’un script ne passe pas ; plutôt que de citer une page qu’il n’a pas pu ouvrir, le desk a reconstitué l’écart à partir des séries de gains du BIT : (hommes moins femmes) divisé par hommes, à partir des gains HORAIRES moyens (DF_EAR_EHRA_SEX_OCU_NB), reproduit le chiffre publié dans 5 172 cellules comparables sur 5 172 ; la série mensuelle en reproduit 47. L’écart est horaire, donc le temps partiel en est déjà divisé.
  3. LES NEUF FAMILLES, PAS LA PLUPART. Une économie n’entre dans l’ensemble que si la même année porte le total toutes professions et les neuf grands groupes CITP-08, parce que la colonne imprimée compte des familles sur neuf et que ce dénominateur doit être identique partout. Restent 80 économies : 26 dont la dernière année est 2025, 18 avec 2024, 5 avec 2023, 9 avec 2022, 7 avec 2021, 6 avec 2020 et 9 avec 2019. 58 des chiffres viennent d’une enquête sur les forces de travail, 9 d’une enquête auprès des établissements, 6 d’une autre enquête auprès des ménages, 5 d’une enquête sur les revenus et dépenses des ménages, 1 d’un recensement et 1 d’une estimation officielle. L’Allemagne, le Japon, la Chine, la Pologne, les Pays-Bas et la Belgique ne déclarent pas du tout cette série ; la Corée du Sud en déclare huit familles sur neuf et reste donc dehors.
  4. DEUX ÉCONOMIES SONT DANS L’ENSEMBLE MAIS HORS DU TABLEAU. La Malaisie et l’Espagne publient leurs gains horaires moyens en unités monétaires entières sur leur dernière année utilisable, si bien qu’une seule unité d’arrondi vaut 6,2 et 5,0 points d’écart. Les deux observations sont réelles et toutes deux comptent dans les 80 ; aucune n’est imprimée, parce que le 0,0 exact de la Malaisie se lirait comme une égalité mesurée alors qu’il est un artefact de ringgit entiers.
  5. La famille de métiers médiane est la médiane des neuf chiffres de groupe d’une économie, et la dernière colonne compte les groupes au-dessus de zéro. Les deux s’accordent par construction : la médiane de neuf valeurs est au-dessus de zéro exactement quand cinq d’entre elles ou plus le sont. Sur les 80, l’écart médian tous salariés est de 6,835 % et l’écart médian par famille de 12,502 % ; la différence médiane entre les deux comptages d’une économie est de 5,756 points. Les hommes sont devant dans la famille médiane dans 78 économies, dans sept familles ou plus dans 63, et dans les neuf dans 16.
  6. Les corrélations sont des coefficients de Pearson sur les 80, contre le logarithme naturel du PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat (Banque mondiale NY.GDP.PCAP.PP.CD, dernière année). Les tiers de revenu comptent 26, 26 et 28 économies : le tiers le plus pauvre à 11 823 dollars par habitant ou moins, le plus riche à 26 221 ou plus. Le chiffre de chaque tiers est la médiane de ses membres, et aucune des deux lignes n’est monotone.
  7. L’arrondi est fait une seule fois, à l’affichage. Les chiffres imprimés sont les Philippines moins 15,308 %, l’Italie moins 2,520 %, la Thaïlande moins 4,197 %, la France 5,357 %, les États-Unis 19,195 %, l’Inde 19,478 % et l’Ouganda 48,334 % ; les gains horaires moyens philippins sont 122,159 et 105,942 pesos.
Ce que les données établissent, et ce qu’elles n’établissent pas

Ce que les données établissent

  • L’écart salarial horaire des Philippines sur l’ensemble des salariés en 2024 est de moins 15,3 %, la femme moyenne gagnant 122,2 pesos de l’heure contre 105,9 pour l’homme moyen ; à l’intérieur des neuf familles de métiers CITP-08 de la même enquête, les hommes sont mieux payés dans sept, la famille médiane à 6,3 %.
  • Sur 80 économies, l’écart tous salariés favorise les hommes dans 56 et la famille de métiers médiane les favorise dans 78 ; les chiffres médians sont de 6,8 % et 12,5 %, et l’écart par famille de l’économie médiane dépasse de 5,756 points son écart tous salariés.
  • Vingt-deux économies déclarent un écart d’ensemble nul ou favorable aux femmes alors que leur famille de métiers médiane paie mieux les hommes, dont l’Italie à moins 2,5 % contre 4,2 % et la Thaïlande à moins 4,2 % contre 9,5 %.
  • Le revenu n’ordonne aucun des deux comptages : 0,11 et moins 0,11 contre le logarithme du revenu par habitant, avec des tiers non monotones de 11,2 %, 1,5 %, 7,6 % et de 17,9 %, 10,4 %, 12,0 % du plus pauvre au plus riche.

Ce qu'elles n'établissent pas

  • Que les femmes sont moins payées pour le même poste. Neuf grands groupes CITP-08 sont le contrôle le plus grossier possible, et la spécialité, l’employeur, l’ancienneté et le temps passé dans le poste restent tous à l’intérieur.
  • Quoi que ce soit sur le temps partiel. L’écart est horaire et les heures en sont déjà divisées, donc aucune part ne peut être attribuée aux femmes qui en font moins.
  • Qu’un faible écart d’ensemble signifie un marché équitable. Qui entre dans la moyenne dépend de qui occupe un emploi rémunéré, ce qui explique les moins 125 % de l’Afghanistan et pourquoi aucune économie n’est classée ici contre une autre.
  • La moindre tendance. Une année par économie, et les années comme les instruments diffèrent entre elles : rien ici ne dit qu’un écart s’est élargi ou resserré.
  • Quoi que ce soit sur l’Allemagne, le Japon, la Chine, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique ou la Corée du Sud, qui ne déclarent pas cette série, ou pas en entier.
Sources primaires

BabZituna évalue chaque offre face à votre profil sur six dimensions réelles, et publie ce qu’elle sait mesurer et ce qu’elle ne sait pas. Voir le marché en direct.

Les marchés de cet article, en direct

Éditions précédentes