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BabZıtunaThe Market Desk

Les faits · 19 août 2026

Une loi a changé qui compte comme chômeur en France.

La France comptait 2,7 millions de chômeurs au deuxième trimestre 2026 et un taux de chômage de 8,3 % de la population active, en hausse de 0,2 point sur le trimestre et de 0,7 sur un an. Sur les six trimestres écoulés depuis que la loi pour le plein emploi inscrit automatiquement les bénéficiaires du RSA à France Travail, le taux a augmenté de 0,98 point - et l’Insee en attribue 0,31 aux bénéficiaires du RSA et 0,11 aux jeunes inscrits à France Travail. S’inscrire n’est pas perdre son emploi : la définition internationale du chômage exige une recherche active, et une inscription administrative peut satisfaire ce critère sans que rien de la situation de travail d’une personne ne change. Chaque chiffre ci-dessous provient d’une source publiée unique, listée et reliée en pied d’article.

8.3%taux de chômage, deuxième trimestre 2026 - une part de la population active, au plus haut depuis 2020
+0.98points de hausse sur les six trimestres écoulés depuis l’entrée en vigueur de la loi - le total que cet article décompose
+0.31de ces points sont attribués par l’Insee aux bénéficiaires du RSA, que la loi a nouvellement inscrits comme demandeurs d’emploi

La mesure, et les six trimestres qui la précèdent

L’Insee situe le chômage français à 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026 : 2,7 millions de personnes, 62 000 de plus qu’au trimestre précédent et 261 000 de plus qu’un an auparavant. C’est le plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2020, trimestre déformé par la crise sanitaire, et auparavant depuis le troisième trimestre 2019. Il reste 2,2 points sous le pic de mi-2015, précision que les titres omettent le plus souvent.

La hausse est large plutôt que concentrée. Sur le trimestre, le taux augmente pour toutes les tranches d’âge : le chômage des jeunes rebondit de 0,4 point à 21,6 %, les 25-49 ans montent de 0,2 à 7,5 % - leur plus haut depuis début 2021 - et les 50 ans et plus de 0,3 à 5,5 %. Sur un an, c’est le chiffre des jeunes qui bouge le plus, +2,5 points. Le chômage des femmes augmente de 0,4 point sur le trimestre, à 8,2 %, tandis que celui des hommes reste stable à 8,5 % ; sur un an, les deux progressent de 0,8 point.

Le chômage de longue durée monte avec lui. 671 000 personnes déclarent être sans emploi et en rechercher un depuis au moins un an, 36 000 de plus qu’au trimestre précédent et 116 000 de plus qu’un an avant - 2,1 % de la population active, au plus haut depuis mi-2022. C’est la série à surveiller, car elle ne peut pas être produite par un changement dans les modalités d’inscription.

Une publication, six lectures. Elles répondent à des questions différentes et reposent sur des dénominateurs différents - le taux sur la population active, le halo sur la population des 15-64 ans - et ne s’additionnent donc pas.
MesureT2 2026Ce qu’elle compte, et sur quelle base
Taux de chômage8,3 %Sans emploi, disponible, en recherche active - en part de la population active
Nombre de chômeurs2,7 MLa même population en effectif, +62 000 sur le trimestre
Chômage de longue durée2,1 %En recherche depuis un an ou plus - 671 000 personnes, au plus haut depuis mi-2022
Chômage des 15-24 ans21,6 %+0,4 sur le trimestre et +2,5 sur un an - le mouvement le plus net par âge
Halo autour du chômage4,4 %Souhaite un emploi, ne cherche pas ou n’est pas disponible - en part de la POPULATION des 15-64 ans
Poids des bénéficiaires du RSA3,2 %Leur part dans la population active, ce qui convertit leur taux en contribution

Une loi qui a changé qui recherche un emploi

La loi pour le plein emploi, votée en décembre 2023, a prévu qu’à compter du début 2025 les bénéficiaires du RSA, les jeunes accompagnés par les Missions locales et les personnes en situation de handicap accompagnées par Cap emploi soient inscrits automatiquement à France Travail. L’Insee écrit sans détour que cela a entraîné une hausse mécanique des inscriptions au premier trimestre 2025, et publie depuis lors, chaque trimestre, la contribution des publics concernés.

Pourquoi un acte administratif déplace une statistique du marché du travail mérite d’être posé lentement, car c’est la charnière de l’article. La définition internationale ne compte une personne comme chômeuse que si elle est sans emploi, disponible pour travailler et en recherche active. S’inscrire auprès du service public de l’emploi est un acte de recherche. Une personne qui souhaitait un emploi, était disponible et ne cherchait pas formellement - comptée hier comme inactive - peut donc devenir chômeuse dans les statistiques aujourd’hui sans que son emploi, ses revenus ou ses intentions aient changé.

L’ampleur de cet effet est un chiffre de l’Insee, pas une inférence. Sur les six trimestres écoulés depuis l’entrée en vigueur de la loi, le taux de chômage a augmenté de 0,98 point. Les bénéficiaires du RSA y contribuent pour 0,31 point et les jeunes inscrits à France Travail pour 0,11. L’Insee résume les deux comme près de la moitié de la hausse. Leurs taux sont spectaculaires isolément - le chômage des bénéficiaires du RSA atteint 48,6 %, en hausse de 7,9 points depuis fin 2024 - mais c’est leur poids dans la population active, 3,2 % et 3,9 %, qui convertit ces taux en contributions modestes.

La décomposition de l’Insee elle-même, chaque groupe par sa contribution en points de pourcentage à la hausse de six trimestres. Barres depuis zéro. Les deux publics que la loi a fait entrer dans le décompte sont à gauche ; la population qu’elle n’a jamais touchée - 92,9 % de la population active - est à droite, et c’est la part la plus grande. Les contributions sont publiées avec leur écart-type ; la sous-population RSA est la ligne la plus bruitée de la publication.
QuiContribution à la hausse de 0,98 point
Contribution à la hausse de 0,98 point+0.98
Poids des bénéficiaires du RSA+0.31
points de hausse sur les six trimestres écoulés depuis l’entrée en vigueur de la loi - le total que cet article décompose+0.11
Qui+0.57

Pourquoi cela ne veut pas dire « la hausse est fausse »

Il serait facile, et faux, de lire la décomposition comme un démasquage. Deux éléments de la même publication s’y opposent.

Le premier est arithmétique. La population que la loi n’a jamais touchée - 92,9 % de la population active, la ligne que l’Insee nomme « autres personnes » - contribue pour 0,57 des 0,98 points, soit la majorité de la hausse. Quel que soit l’effet des inscriptions, l’essentiel de l’augmentation se produit chez des personnes dont le rapport à la statistique n’a pas changé.

Le second est le sens d’un autre chiffre. Si la ligne RSA n’était qu’une reclassification - les mêmes personnes, réétiquetées - leur taux d’emploi serait inchangé, puisque personne n’aurait perdu de travail. Il baisse : -2,5 points depuis fin 2024, à 24,5 %. Un réétiquetage ne peut pas produire cela. Il se passe quelque chose de réel pour cette population en même temps que quelque chose de statistique, et la publication permet de voir les deux sans avoir à choisir.

Le résumé honnête est plus étroit et moins citable que l’un ou l’autre slogan. Un effet de mesure et une dégradation du marché du travail sont tous deux présents, et l’Insee a publié le partage plutôt que de laisser deviner. Un desk qui n’imprime que le 8,3 % a dit vrai ; un desk qui n’imprime que la décomposition a suggéré une fiction.

Le halo n’a pas bougé - et il repose sur une autre base

Le halo autour du chômage est le décompte, par l’Insee, des personnes inactives au sens du BIT qui souhaitent un emploi, soit parce qu’elles n’en recherchent pas, soit parce qu’elles ne sont pas disponibles. Au deuxième trimestre 2026 il s’établit à 1 865 000 personnes, 4,4 % de la population des 15-64 ans - stable sur le trimestre et en baisse de 0,1 point sur un an.

Placez cela à côté d’un taux qui a progressé de 0,7 point sur la même année et une question évidente se pose : si des personnes passaient de vouloir-un-emploi-sans-chercher à chercher, le halo devrait diminuer à mesure que le chômage monte. Il a à peine bougé. Cette comparaison est la nôtre, pas celle de l’Insee, et c’est une question plutôt qu’un résultat : les deux chiffres reposent sur des dénominateurs et des populations différents, et les inscriptions issues de la loi peuvent puiser dans des parts d’inactivité que le halo n’a jamais comptées. Nous imprimons l’observation et refusons la conclusion.

Et un avertissement que ce desk a désormais gagné trois jours de suite. Le taux de chômage est une part de la population active. Le halo est une part de la population des 15-64 ans. La sous-utilisation européenne d’hier était une part de la population active élargie. Trois éditions, trois dénominateurs, et aucun ne peut être additionné à un autre ni classé face à lui. Quand une page vous montre 8,3 % et 4,4 % côte à côte, la seule opération qui vient à l’esprit est celle qui produit un nombre ne correspondant à aucune population.

Nous publions la manière dont notre propre appariement est testé, y compris là où il est le plus faible, sur notre audit de biais. Si un chiffre ici est faux, c’est par cette page que la correction doit commencer.

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