En hausse seulement dans les trois plus grandes
En juillet 2026, le Canada comptait 2,9 chômeurs pour chaque poste vacant, contre 2,2 en juillet 2019. Statistique Canada a publié ce 2,9 le 24 septembre et l’a situé 0,3 en dessous de son niveau d’un an plus tôt, surtout parce que le nombre de chômeurs avait diminué de 105 200. Le nombre de postes vacants, 501 000, a peu varié sur le mois comme sur l’année ; en juillet 2019, il était de 534 900.
La hausse depuis 2019 n’est pas répartie sur l’ensemble du pays. Elle se concentre entièrement en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique : l’Ontario est passé de 2,3 chômeurs par poste vacant à 3,5, le Québec de 1,6 à 2,5 et la Colombie-Britannique de 1,3 à 2,5. Dans les six autres provinces disposant d’un chiffre pour juillet, le ratio a baissé : Terre-Neuve-et-Labrador de 9,5 à 5,8, le Nouveau-Brunswick de 4,2 à 3,3, l’Alberta de 3,6 à 2,8, la Saskatchewan de 3,3 à 2,4, la Nouvelle-Écosse de 3,0 à 2,7 et le Manitoba de 2,9 à 1,9.
En juillet 2019, les trois plus grandes provinces affichaient les trois ratios les plus bas du pays. Prises ensemble, elles sont passées de 1,8 chômeur par poste vacant à 3,0, tandis que les six autres passaient de 3,7 à 2,7. Les trois abritent 74 % des chômeurs du Canada, et c’est pourquoi leur retournement fait bouger le chiffre national.
Moins de postes vacants là où vivent la plupart des chômeurs
Dans les trois plus grandes provinces, les deux termes du ratio ont évolué en sens contraire. Entre juillet 2019 et juillet 2026, les postes vacants ont reculé de 13 % en Ontario, de 18 % au Québec et de 22 % en Colombie-Britannique, tandis que le nombre de chômeurs augmentait de 36 %, 24 % et 48 %.
Ailleurs, les postes vacants ont augmenté. La Saskatchewan en comptait 58 % de plus qu’en juillet 2019, le Manitoba 51 % de plus et l’Alberta 49 % de plus, et Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick entre 6 % et 22 % de plus. La Saskatchewan et l’Alberta comptaient aussi plus de chômeurs qu’en 2019, de 18 % et de 15 %, mais leurs postes vacants ont augmenté plus vite.
Au total, les trois plus grandes provinces comptent 72 000 postes vacants de moins qu’en juillet 2019, une baisse de 17 %, et les six autres 39 000 de plus, une hausse de 40 %. L’Ontario comptait à lui seul 170 800 postes vacants en juillet, contre 196 200 en juillet 2019 ; l’Alberta en comptait 73 100, contre 49 200.
| Province | Chômeurs par poste vacant, juillet 2019 | Chômeurs par poste vacant, juillet 2026 | Variation | Postes vacants, juillet 2019 | Postes vacants, juillet 2026 |
|---|---|---|---|---|---|
| Canada | 2,2 | 2,9 | +0,7 | 534 900 | 501 000 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 9,5 | 5,8 | -3,7 | 3 500 | 4 300 |
| Ontario | 2,3 | 3,5 | +1,2 | 196 200 | 170 800 |
| Nouveau-Brunswick | 4,2 | 3,3 | -0,9 | 8 600 | 9 100 |
| Alberta | 3,6 | 2,8 | -0,8 | 49 200 | 73 100 |
| Nouvelle-Écosse | 3,0 | 2,7 | -0,3 | 12 400 | 13 300 |
| Québec | 1,6 | 2,5 | +0,9 | 133 400 | 109 200 |
| Colombie-Britannique | 1,3 | 2,5 | +1,2 | 102 200 | 79 600 |
| Saskatchewan | 3,3 | 2,4 | -0,9 | 10 300 | 16 300 |
| Manitoba | 2,9 | 1,9 | -1,0 | 13 800 | 20 900 |
| Île-du-Prince-Édouard | 2,6 | Aucune donnée | 2 900 | Aucune donnée | |
Ce que compte le ratio
Il divise une enquête par une autre. Les chômeurs proviennent de l’Enquête sur la population active : les personnes sans emploi, disponibles et en recherche, ou sur le point de commencer un emploi. Les postes vacants proviennent de l’Enquête sur les postes vacants et les salaires : des postes inoccupés ou sur le point de l’être, avec du travail à faire ce mois-là, pour lesquels l’employeur recrute à l’extérieur de l’organisation.
Ce n’est pas le nombre de candidats par emploi. Un chômeur peut postuler à de nombreux postes vacants ou à aucun, et un poste vacant peut être pourvu par une personne déjà en emploi ou par une personne qui ne cherchait pas. Le ratio compare la taille de deux viviers.
Et son dernier mois n’est pas définitif. Statistique Canada révise les estimations mensuelles des postes vacants une fois l’enquête trimestrielle terminée, et attribue à chacune une cote de A à F. Chaque estimation utilisée ici a une cote comprise entre A et D ; l’estimation de juillet 2026 pour l’Île-du-Prince-Édouard, cotée F, n’a pas été publiée.
- LES CHÔMEURS, selon l’Enquête sur la population active : les personnes sans emploi, disponibles et à la recherche d’un emploi, ou mises à pied temporairement, ou sur le point de commencer un emploi, comptées là où elles habitent. Pas toutes les personnes qui aimeraient avoir un emploi, ni le nombre de bénéficiaires de prestations.
- LES POSTES VACANTS, selon l’Enquête sur les postes vacants et les salaires : des postes inoccupés le premier jour du mois ou qui le deviendront au cours du mois, avec du travail à faire ce mois-là, pour lesquels l’employeur recrute activement à l’extérieur de l’organisation, comptés là où se trouve l’emploi. Ni des avis de recrutement publiés, ni des emplois existants.
- UN RAPPORT ENTRE DEUX VIVIERS, pas des candidats par emploi. Un chômeur peut postuler à de nombreux postes vacants ou à aucun, et un poste vacant peut être pourvu par une personne déjà en emploi ou par une personne qui ne cherchait pas. Chaque comparaison ici oppose juillet à juillet, en données désaisonnalisées.
Donc 3,5 en Ontario ne dit pas que trois personnes et demie postulent à chaque emploi, ni que des emplois ont été perdus : cela dit qu’en juillet 2026, l’Ontario comptait 3,5 habitants sans emploi et en recherche pour chaque poste vacant que ses employeurs cherchaient à pourvoir, contre 2,3 en juillet 2019.
Deux enquêtes, l’une divisée par l’autre, et une lecture qui oublie ce que compte chacune dit ce que la source ne dit pas.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Ils ne désignent aucune cause. La croissance démographique, l’immigration, les taux d’intérêt, les droits de douane et l’intelligence artificielle ont tous été avancés pour expliquer le marché du travail canadien, et aucun n’est mesuré ici.
Ils ne disent pas que des emplois ont été perdus. Un poste vacant est un poste qu’un employeur cherche encore à pourvoir : moins de postes vacants signifie moins de postes non pourvus, pas moins de postes. Ils ne disent pas non plus que qui que ce soit est passé d’une province à une autre.
Ils couvrent les dix provinces et non les territoires, que le ratio laisse de côté, et ils ne prévoient rien.



