Skip to content
Se connecterCommencer gratuitement
Photo : LinedPhoto / Unsplash · Canada

Veille des marchés · 26

Chômeurs par poste vacant : la hausse se limite aux trois plus grandes provinces du Canada

En juillet 2019, elles avaient les trois ratios les plus bas du Canada ; en juillet 2026, elles comptaient ensemble 3,0 chômeurs par poste vacant, contre 2,7 dans les six autres provinces disposant d’un chiffre.

Avant la pandémie, les trois plus grandes provinces comptaient le moins de chômeurs pour chaque poste vacant au Canada. La situation s’est inversée. Les chiffres de juillet de Statistique Canada montrent plus de chômeurs par poste vacant qu’en 2019 en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique, et moins dans toutes les autres provinces disposant d’un chiffre. Voici de combien chaque province a bougé, lequel des deux décomptes l’a fait bouger, ce que mesure ce ratio et ce qu’il ne mesure pas, et ce que cela change si vous recrutez ou si vous cherchez un emploi au Canada.

3,0chômeurs par poste vacant en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique réunis, juillet 2026 (1,8 en juillet 2019)
2,7le même ratio dans les six autres provinces disposant d’un chiffre pour juillet (3,7 en juillet 2019)
-72 000postes vacants en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique par rapport à juillet 2019, une baisse de 17 % ; les six autres en comptent 39 000 de plus

Les trois plus grandes provinces ont échangé leur place avec les six autres

Les trois, 20191,8
Les six, 20193,7
Les trois, 20263,0
Les six, 20262,7
Chômeurs par poste vacant, juillet 2019 et juillet 2026, données désaisonnalisées. Les trois : Ontario, Québec et Colombie-Britannique. Les six : Terre-Neuve-et-Labrador, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Manitoba, Saskatchewan et Alberta. Pour chaque groupe, ses chômeurs divisés par ses postes vacants, calcul de la rédaction. L’Île-du-Prince-Édouard est exclue : son estimation des postes vacants de juillet 2026 n’a pas été publiée. Statistique Canada, lu le 30 septembre 2026.

En hausse seulement dans les trois plus grandes

En juillet 2026, le Canada comptait 2,9 chômeurs pour chaque poste vacant, contre 2,2 en juillet 2019. Statistique Canada a publié ce 2,9 le 24 septembre et l’a situé 0,3 en dessous de son niveau d’un an plus tôt, surtout parce que le nombre de chômeurs avait diminué de 105 200. Le nombre de postes vacants, 501 000, a peu varié sur le mois comme sur l’année ; en juillet 2019, il était de 534 900.

La hausse depuis 2019 n’est pas répartie sur l’ensemble du pays. Elle se concentre entièrement en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique : l’Ontario est passé de 2,3 chômeurs par poste vacant à 3,5, le Québec de 1,6 à 2,5 et la Colombie-Britannique de 1,3 à 2,5. Dans les six autres provinces disposant d’un chiffre pour juillet, le ratio a baissé : Terre-Neuve-et-Labrador de 9,5 à 5,8, le Nouveau-Brunswick de 4,2 à 3,3, l’Alberta de 3,6 à 2,8, la Saskatchewan de 3,3 à 2,4, la Nouvelle-Écosse de 3,0 à 2,7 et le Manitoba de 2,9 à 1,9.

En juillet 2019, les trois plus grandes provinces affichaient les trois ratios les plus bas du pays. Prises ensemble, elles sont passées de 1,8 chômeur par poste vacant à 3,0, tandis que les six autres passaient de 3,7 à 2,7. Les trois abritent 74 % des chômeurs du Canada, et c’est pourquoi leur retournement fait bouger le chiffre national.

Moins de postes vacants là où vivent la plupart des chômeurs

Dans les trois plus grandes provinces, les deux termes du ratio ont évolué en sens contraire. Entre juillet 2019 et juillet 2026, les postes vacants ont reculé de 13 % en Ontario, de 18 % au Québec et de 22 % en Colombie-Britannique, tandis que le nombre de chômeurs augmentait de 36 %, 24 % et 48 %.

Ailleurs, les postes vacants ont augmenté. La Saskatchewan en comptait 58 % de plus qu’en juillet 2019, le Manitoba 51 % de plus et l’Alberta 49 % de plus, et Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick entre 6 % et 22 % de plus. La Saskatchewan et l’Alberta comptaient aussi plus de chômeurs qu’en 2019, de 18 % et de 15 %, mais leurs postes vacants ont augmenté plus vite.

Au total, les trois plus grandes provinces comptent 72 000 postes vacants de moins qu’en juillet 2019, une baisse de 17 %, et les six autres 39 000 de plus, une hausse de 40 %. L’Ontario comptait à lui seul 170 800 postes vacants en juillet, contre 196 200 en juillet 2019 ; l’Alberta en comptait 73 100, contre 49 200.

Provenance : Source
Chômeurs par poste vacant, juillet 2019 et juillet 2026, et variation ; postes vacants aux mêmes mois. Données désaisonnalisées. Le Canada d’abord, puis les provinces, par ordre décroissant du nombre de chômeurs par poste vacant en juillet 2026. Ratios calculés par la rédaction à partir des deux tableaux de Statistique Canada ; celui du Canada exclut les territoires, comme celui de Statistique Canada. Les estimations des postes vacants de juillet 2026 sont provisoires.
ProvinceChômeurs par poste vacant, juillet 2019Chômeurs par poste vacant, juillet 2026VariationPostes vacants, juillet 2019Postes vacants, juillet 2026
Canada2,22,9+0,7534 900501 000
Terre-Neuve-et-Labrador9,55,8-3,73 5004 300
Ontario2,33,5+1,2196 200170 800
Nouveau-Brunswick4,23,3-0,98 6009 100
Alberta3,62,8-0,849 20073 100
Nouvelle-Écosse3,02,7-0,312 40013 300
Québec1,62,5+0,9133 400109 200
Colombie-Britannique1,32,5+1,2102 20079 600
Saskatchewan3,32,4-0,910 30016 300
Manitoba2,91,9-1,013 80020 900
Île-du-Prince-Édouard2,6Aucune donnée2 900Aucune donnée

Ce que compte le ratio

Il divise une enquête par une autre. Les chômeurs proviennent de l’Enquête sur la population active : les personnes sans emploi, disponibles et en recherche, ou sur le point de commencer un emploi. Les postes vacants proviennent de l’Enquête sur les postes vacants et les salaires : des postes inoccupés ou sur le point de l’être, avec du travail à faire ce mois-là, pour lesquels l’employeur recrute à l’extérieur de l’organisation.

Ce n’est pas le nombre de candidats par emploi. Un chômeur peut postuler à de nombreux postes vacants ou à aucun, et un poste vacant peut être pourvu par une personne déjà en emploi ou par une personne qui ne cherchait pas. Le ratio compare la taille de deux viviers.

Et son dernier mois n’est pas définitif. Statistique Canada révise les estimations mensuelles des postes vacants une fois l’enquête trimestrielle terminée, et attribue à chacune une cote de A à F. Chaque estimation utilisée ici a une cote comprise entre A et D ; l’estimation de juillet 2026 pour l’Île-du-Prince-Édouard, cotée F, n’a pas été publiée.

Provenance : SourceCe que cela compte
  1. LES CHÔMEURS, selon l’Enquête sur la population active : les personnes sans emploi, disponibles et à la recherche d’un emploi, ou mises à pied temporairement, ou sur le point de commencer un emploi, comptées là où elles habitent. Pas toutes les personnes qui aimeraient avoir un emploi, ni le nombre de bénéficiaires de prestations.
  2. LES POSTES VACANTS, selon l’Enquête sur les postes vacants et les salaires : des postes inoccupés le premier jour du mois ou qui le deviendront au cours du mois, avec du travail à faire ce mois-là, pour lesquels l’employeur recrute activement à l’extérieur de l’organisation, comptés là où se trouve l’emploi. Ni des avis de recrutement publiés, ni des emplois existants.
  3. UN RAPPORT ENTRE DEUX VIVIERS, pas des candidats par emploi. Un chômeur peut postuler à de nombreux postes vacants ou à aucun, et un poste vacant peut être pourvu par une personne déjà en emploi ou par une personne qui ne cherchait pas. Chaque comparaison ici oppose juillet à juillet, en données désaisonnalisées.

Donc 3,5 en Ontario ne dit pas que trois personnes et demie postulent à chaque emploi, ni que des emplois ont été perdus : cela dit qu’en juillet 2026, l’Ontario comptait 3,5 habitants sans emploi et en recherche pour chaque poste vacant que ses employeurs cherchaient à pourvoir, contre 2,3 en juillet 2019.

Deux enquêtes, l’une divisée par l’autre, et une lecture qui oublie ce que compte chacune dit ce que la source ne dit pas.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Ils ne désignent aucune cause. La croissance démographique, l’immigration, les taux d’intérêt, les droits de douane et l’intelligence artificielle ont tous été avancés pour expliquer le marché du travail canadien, et aucun n’est mesuré ici.

Ils ne disent pas que des emplois ont été perdus. Un poste vacant est un poste qu’un employeur cherche encore à pourvoir : moins de postes vacants signifie moins de postes non pourvus, pas moins de postes. Ils ne disent pas non plus que qui que ce soit est passé d’une province à une autre.

Ils couvrent les dix provinces et non les territoires, que le ratio laisse de côté, et ils ne prévoient rien.

Ce que cela change pour vous

Si vous cherchez un emploi à Toronto

L’Ontario comptait 3,5 chômeurs par poste vacant en juillet 2026, contre 2,3 en juillet 2019, et 170 800 postes vacants, 13 % de moins. Le chiffre porte sur la province, pas sur la ville, et il compte les chômeurs, pas les candidats à un poste donné ; mais il indique que l’Ontario compte plus de personnes en recherche d’emploi pour chaque poste à pourvoir qu’avant la pandémie. Postulez plus largement que vous ne l’auriez fait en 2019 et, si vous pouvez déménager, l’Alberta compte 2,8 chômeurs par poste vacant et 49 % de postes vacants de plus qu’en 2019.

Si vous recrutez à Vancouver

La Colombie-Britannique est passée de 1,3 chômeur par poste vacant en juillet 2019 à 2,5 en juillet 2026, et ses postes vacants ont reculé de 22 %. Pour un employeur, le vivier de personnes en recherche d’emploi est presque deux fois plus grand, pour chaque poste vacant, qu’avant la pandémie. Le ratio ne dit pas combien d’entre elles ont les compétences qu’exige votre poste : vérifiez le vivier dans votre propre métier avant de conclure que recruter est devenu facile.

Si vous recrutez au Manitoba ou en Saskatchewan

Le Manitoba comptait 1,9 chômeur par poste vacant en juillet 2026, le moins de toutes les provinces disposant d’un chiffre, et la Saskatchewan 2,4 ; dans les deux, les postes vacants dépassent de plus de 50 % leur niveau de juillet 2019. Attendez-vous à un vivier de chômeurs plus restreint pour chaque poste à pourvoir que celui auquel fait face un employeur en Ontario, et élargissez votre recherche au-delà de la province avant de conclure que personne ne veut du poste.

Comment cela a été compté

Méthode

  1. Deux tableaux et un communiqué. Statistique Canada, Tableau 14-10-0432-01 (postes vacants par province et territoire, données mensuelles désaisonnalisées), publié le 24 septembre 2026 avec juillet 2026, et Tableau 14-10-0287-01 (Enquête sur la population active, données mensuelles désaisonnalisées), publié le 4 septembre 2026 avec août 2026, tous deux lus via le Web Data Service de Statistique Canada le 30 septembre 2026 à 23:17 (+01:00). Le communiqué est “Payroll employment, earnings and hours, and job vacancies, July 2026”, The Daily, 24 septembre 2026.
  2. LE RATIO. Les chômeurs divisés par les postes vacants du même mois, les deux en données désaisonnalisées, arrondi à une décimale. Statistique Canada l’a publié pour juillet 2026 pour le Canada (2,9) et pour quatre provinces (Terre-Neuve-et-Labrador 5,8, Ontario 3,5, Alberta 2,8, Manitoba 1,9) ; la rédaction a calculé tous les autres ratios de la même façon et retrouve les cinq. Le ratio du Canada divise par les postes vacants des provinces, soit le Canada moins les territoires, comme celui de Statistique Canada : 2,2 pour juillet 2019.
  3. LES GROUPES. Les trois plus grandes provinces sont l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique, les trois plus grandes populations actives ; les six autres sont Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta. Le ratio d’un groupe est la somme de ses chômeurs divisée par la somme de ses postes vacants. L’Île-du-Prince-Édouard n’appartient à aucun groupe, car son estimation des postes vacants de juillet 2026 n’a pas été publiée.
  4. CHIFFRES AFFICHÉS. Chaque variation d’un ratio est la différence entre deux ratios tels qu’ils sont affichés. Les variations des postes vacants et du nombre de chômeurs sont calculées sur les niveaux publiés et arrondies au pour cent près ; les niveaux de postes vacants sont arrondis à la centaine, comme le fait le communiqué de Statistique Canada.
  5. UN CONTRÔLE SUR UN SEUL MOIS. Une comparaison de juillet à juillet peut bouger avec le bruit des enquêtes ; la rédaction a donc aussi comparé la moyenne de 2019 à la moyenne des douze mois se terminant en juillet 2026. Les trois mêmes provinces sont les seules dont le ratio a augmenté ; l’Île-du-Prince-Édouard, mesurée sur les onze mois disposant d’un chiffre publié dans chaque période, est passée de 4,4 à 3,7.
  6. QUALITÉ. Statistique Canada attribue à chaque estimation des postes vacants une cote allant de A (excellente) à F (trop peu fiable pour être publiée). Chaque estimation utilisée ici est cotée de A à D ; celle de juillet 2026 pour Terre-Neuve-et-Labrador est cotée D (acceptable). Les estimations de juillet 2026 sont provisoires et seront révisées une fois l’enquête trimestrielle terminée.
Ce que les données établissent, et ce qu’elles n’établissent pas

Ce que les données établissent

  • En juillet 2026, le Canada comptait 2,9 chômeurs par poste vacant, contre 2,2 en juillet 2019 ; Statistique Canada l’a situé 0,3 en dessous de son niveau d’un an plus tôt.
  • Entre juillet 2019 et juillet 2026, le ratio n’a augmenté qu’en Ontario (de 2,3 à 3,5), au Québec (de 1,6 à 2,5) et en Colombie-Britannique (de 1,3 à 2,5), les trois provinces aux ratios les plus bas en 2019 ; il a baissé dans les six autres provinces disposant d’un chiffre.
  • Les postes vacants ont reculé de 13 %, 18 % et 22 % dans ces trois provinces et ont augmenté dans chacune des six autres, de 6 % au Nouveau-Brunswick à 58 % en Saskatchewan.
  • Prises ensemble, les trois sont passées de 1,8 chômeur par poste vacant à 3,0, et les six autres de 3,7 à 2,7 ; ces trois mêmes provinces sont les seules en hausse sur les moyennes de douze mois.

Ce qu'elles n'établissent pas

  • La moindre cause. La croissance démographique, l’immigration, les taux d’intérêt, les droits de douane et l’intelligence artificielle ont tous été avancés, et aucun n’est mesuré ici.
  • Le nombre de candidats par emploi. Le ratio compare deux viviers ; il ne suit les candidatures de personne.
  • Des pertes d’emplois. Un poste vacant est un poste encore à pourvoir, pas un poste existant.
  • Que des personnes soient passées d’une province à une autre, ni quoi que ce soit sur les territoires, que le ratio laisse de côté.
  • L’Île-du-Prince-Édouard en juillet 2026, dont l’estimation des postes vacants n’a pas été publiée, et la moindre prévision.
Sources primaires

BabZituna évalue chaque offre face à votre profil sur six dimensions réelles, et publie ce qu’elle sait mesurer et ce qu’elle ne sait pas. Voir le marché en direct.

Les marchés de cet article, en direct

Éditions précédentes