Skip to content
Se connecterCommencer gratuitement

Le registre · 20 septembre 2026

En Inde, près de neuf travailleurs sur dix occupent un emploi informel.En France, trois sur cent.

Dix-huit économies, une part chacune : les personnes qu’une enquête classe comme occupant un emploi informel, rapportées à toutes les personnes en emploi, avec la ventilation entre l’agriculture et le reste. Ni l’économie souterraine, ni le chômage, et une année par pays. Tout ce qui suit est vérifiable sur le marché en direct.

87,2 %des personnes en emploi en Inde occupaient un emploi informel en 2025, la 22e part la plus élevée de 106 pays ; 98,6 % dans l’agriculture, 79,1 % en dehors
3,4 %des personnes en emploi en France occupaient un emploi informel en 2025, la 95e part sur 106 ; le pays médian est à 53,4 %
56des 106 pays ont plus de la moitié de leurs emplois informels. Dans 28, c’est moins d’un sur dix

Quatre-vingt-sept sur cent, et trois sur cent

Dans leur dernière année disponible, 87,2 % des personnes en emploi en Inde occupaient un emploi informel, et 3,4 % en France. L’Inde se classe 22e sur 106 pays selon cette part, la France 95e. Le tableau place les deux parmi les autres économies dans lesquelles ce desk publie, plus le Nigeria, le Pakistan, le Bangladesh, le Mexique, l’Afrique du Sud et l’Italie.

Les parts vont d’un bout de l’échelle à l’autre. Dans 56 des 106 pays, plus de la moitié des emplois sont informels, et dans 28 moins d’un sur dix ; le pays médian est à 53,4 %. Le Niger, à 98,5 %, déclare la part la plus élevée et la Suisse, à 1,1 %, la plus basse ; 17 pays sont à 90 % ou plus et 20 sous 5 %. Parmi les dix-huit, le Nigeria est le plus haut à 93,1 % et le Portugal le plus bas à 2,3 %.

À l’intérieur d’un pays, le contraste le plus fort est entre secteurs. L’agriculture est informelle presque partout : parmi les 102 pays qui la déclarent, la part médiane est de 89,2 %, et dans 50 elle atteint 90 % ou plus. Hors agriculture, la médiane est de 46,7 %, et c’est là que les pays se séparent : l’Inde est à 98,6 % dans l’agriculture et 79,1 % en dehors, la France à 9,6 % et 3,2 %. La Moldavie en donne l’exemple le plus net, à 94,2 % dans l’agriculture et 10,2 % en dehors, pour 55,4 % au total.

Provenance : Source
Emploi informel en part de l’ensemble des personnes en emploi, selon la définition harmonisée de l’OIT, dernière année disponible, pour dix-huit économies, avec la part dans l’agriculture et hors agriculture. Trié par la part globale, de la plus élevée à la plus basse. Le rang est établi sur cette part, parmi les 106 pays qui déclarent depuis 2022.
ÉconomieAnnéeInformel, % des personnes en emploiDans l’agricultureHors agricultureRang sur 106
Nigeria202493,1 %99,6 %90,3 %10
Pakistan202588,7 %99,0 %83,3 %21
Inde202587,2 %98,6 %79,1 %22
Bangladesh202484,0 %96,9 %73,7 %27
Indonésie202381,0 %93,9 %75,8 %30
Égypte202468,6 %83,6 %65,5 %36
Viêt Nam202467,0 %98,7 %56,7 %38
Thaïlande202463,2 %90,5 %51,2 %42
Mexique202556,9 %89,8 %52,8 %47
Brésil202535,6 %74,0 %32,5 %63
Afrique du Sud202434,8 %35,4 %34,8 %64
Turquie202526,6 %85,3 %17,0 %68
Pologne202514,4 %30,2 %12,8 %76
Italie20258,4 %16,0 %8,1 %81
Allemagne20223,9 %16,3 %3,8 %91
Espagne20253,8 %3,8 %3,8 %92
France20253,4 %9,6 %3,2 %95
Portugal20252,3 %8,9 %2,2 %103

Le revenu fait l’essentiel du tri

Sur les 106 pays, la part évolue fortement avec le revenu : elle est corrélée à moins 0,85 avec le logarithme du PIB par habitant. Répartis en tiers de revenu, la part moyenne est de 81,0 % dans le tiers le plus pauvre, 52,9 % dans le tiers médian et 10,9 % dans le plus riche ; les médianes sont de 89,2 %, 56,0 % et 4,3 %. Le tiers le plus pauvre ne compte aucun pays sous 20 %, et le plus riche aucun au-dessus de 56 %.

L’Inde et la France se tiennent de part et d’autre de ce constat. Le revenu par habitant de la France est 5,8 fois celui de l’Inde, et elle est dans le tiers le plus riche ; l’Inde est dans le plus pauvre. Parmi les pays riches, la part varie encore : 26,6 % en Turquie, 14,4 % en Pologne, 8,4 % en Italie, 3,9 % en Allemagne, 3,4 % en France.

La part des femmes est supérieure à celle des hommes dans 53 des 106 pays, un pile ou face dans l’ensemble, mais dans 26 des 35 pays les plus pauvres et dans seulement 11 des 36 plus riches. L’écart médian va de 4,4 points au-dessus des hommes pour les femmes dans le tiers le plus pauvre à 0,8 point en dessous dans le plus riche. Le Bangladesh présente l’écart le plus large entre les sexes, dans le sens des femmes : 96,0 % des femmes en emploi occupent un emploi informel contre 78,1 % des hommes.

Provenance : SourceCe que la part compte
  1. L’INFORMALITÉ EST UNE PROPRIÉTÉ DE L’EMPLOI, pas de la personne ni de la loi. Selon la définition harmonisée de l’OIT, un salarié occupe un emploi informel quand l’employeur ne verse pour lui aucune cotisation de sécurité sociale ou, lorsque l’enquête ne pose pas la question, quand l’emploi ne donne droit ni à des congés annuels payés ni à des congés de maladie payés. Un travailleur indépendant ou un employeur en occupe un quand l’entreprise n’est pas enregistrée ou ne tient pas de comptabilité formelle. Tout travailleur familial non rémunéré en occupe un.
  2. LA PART SE RAPPORTE AUX PERSONNES EN EMPLOI. Toutes les personnes comptées travaillent. L’emploi informel n’est pas le chômage, et un pays où neuf emplois sur dix sont informels n’est pas un pays où neuf personnes sur dix sont inactives.
  3. LA VENTILATION SUIT LE SECTEUR DE L’EMPLOI. L’agriculture et tout le reste sont comptés séparément, et la même définition s’applique aux deux ; une petite exploitation sans comptabilité est une entreprise informelle au même sens qu’un atelier non enregistré.

Ainsi les 87,2 % de l’Inde ne disent pas que 87 travailleurs sur cent fraudent le fisc, travaillent illégalement ou ne sont pas déclarés : ils disent que 87,2 personnes en emploi sur cent occupent un emploi sans cotisation de sécurité sociale, ou relevant d’une entreprise sans enregistrement ni comptabilité formelle, ou consistant en un travail familial non rémunéré. Et les 3,4 % de la France sont le même décompte sur la même définition, établi par l’OIT à partir d’une enquête sur les revenus des ménages plutôt que d’une enquête sur les forces de travail.

Une part sur une définition, et une lecture qui perd ce qu’elle compte dit quelque chose que la source ne dit pas.

Ce que la part ne dit pas

Elle ne dit pas qui enfreint une loi. L’emploi informel, selon cette définition, est un emploi sans cotisation de sécurité sociale, une entreprise sans enregistrement ni comptabilité formelle, ou un travail familial non rémunéré ; savoir si tout cela est légal, déclaré ou imposé dans un pays donné n’est pas mesuré, et l’économie souterraine est une autre grandeur, estimée par d’autres moyens.

Elle ne dit pas qui est sans emploi, ni ce que quiconque gagne, ni que quoi que ce soit a monté ou baissé. Toutes les personnes comptées sont en emploi ; la paie n’est pas dans ces chiffres ; et chaque pays apparaît une fois, dans sa propre dernière année, de 2022 à 2025. Rien ici ne compare un pays à lui-même.

Et elle ne nomme ni cause ni verdict. La loi, son application, l’impôt, la scolarité, la taille des exploitations et les usages sont derrière ces chiffres, et aucun d’eux n’est mesuré ici ; rien ici ne dit donc pourquoi la part de l’Inde est élevée ni pourquoi celle de la France est basse.

Ce que les données établissent

  • Dans leur dernière année disponible, 87,2 % des personnes en emploi en Inde occupaient un emploi informel (2025), la 22e part la plus élevée de 106 pays, et 3,4 % en France (2025), la 95e.
  • Sur les 106, la part médiane est de 53,4 % ; dans 56 pays plus de la moitié des emplois sont informels et dans 28 moins d’un sur dix ; l’amplitude va de 1,1 % en Suisse à 98,5 % au Niger.
  • L’agriculture est informelle presque partout, avec une médiane de 89,2 % parmi les 102 pays qui la déclarent et 90 % ou plus dans 50 ; la médiane hors agriculture est de 46,7 %.
  • La part est corrélée à moins 0,85 avec le logarithme du revenu ; la part moyenne est de 81,0 % dans le tiers de pays le plus pauvre, 52,9 % dans le tiers médian et 10,9 % dans le plus riche. La part des femmes dépasse celle des hommes dans 53 des 106 pays, dans 26 des 35 plus pauvres et 11 des 36 plus riches.

Ce qu'elles n'établissent pas

  • Que les travailleurs informels sont inactifs ou au chômage. Toutes les personnes comptées sont en emploi.
  • Qu’informel signifie illégal, non déclaré ou non imposé. La définition porte sur les cotisations sociales, l’enregistrement et la comptabilité ; la légalité et l’impôt ne sont pas mesurés, et l’économie souterraine est une autre grandeur.
  • Qu’une part a monté ou baissé. Une année par pays, et des années et des instruments différents d’un pays à l’autre : rien ici n’est une tendance.
  • Une cause quelconque, y compris la loi, son application, l’impôt, la scolarité, la taille des exploitations ou les usages, ni quoi que ce soit sur la paie. Aucun de ces éléments n’est mesuré ici.
  • Quoi que ce soit sur le Royaume-Uni, les États-Unis, le Japon, la Chine, la Corée du Sud, les Philippines ou le Maroc, qui ne déclarent pas cette série.

Méthode

  1. Une mesure. Le flux ILOSTAT DF_SDG_0831_SEX_ECO_RT, indicateur ODD 8.3.1, proportion de l’emploi informel dans l’emploi total par sexe et par secteur, lu via l’API SDMX de l’OIT le 20 septembre 2026. Pour chaque pays, la dernière année entre 2022 et 2025 est retenue, les parts agricole, non agricole, des femmes et des hommes provenant de la même source et de la même année. La définition est celle, harmonisée, de l’OIT, appliquée par l’OIT aux microdonnées de chaque pays ; la définition nationale d’un pays peut différer.
  2. LES AGRÉGATS NE SONT PAS DES PAYS. Les régions et groupes de revenu ont été retirés en ne gardant que les codes de la liste de pays de la Banque mondiale, ce qui laisse 106 pays avec une part depuis 2022 : 62 dont la dernière année est 2025, 22 avec 2024, 10 avec 2023 et 12 avec 2022. Chaque rang et chaque décompte se rapportent aux 106. Le Royaume-Uni, les États-Unis, le Japon, la Chine, la Corée du Sud, les Philippines et le Maroc ne déclarent pas cette série, ce qui explique que le tableau contienne onze des seize marchés de ce desk et sept autres économies.
  3. LES INSTRUMENTS DIFFÈRENT. 58 des 106 parts proviennent d’une enquête sur les forces de travail, 38 d’une enquête sur les revenus et dépenses des ménages, 7 d’une autre enquête auprès des ménages et 3 d’un recensement. Les 38 comprennent les 27 pays européens dont l’OIT calcule la part à partir d’EU-SILC, l’enquête européenne sur les revenus, qui couvre les personnes de 16 ans et plus ; la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, le Portugal et l’Espagne du tableau en font partie. L’article les compare tels que l’OIT les publie, et le dit ici.
  4. La médiane est la moyenne des 53e et 54e valeurs sur 106, 53,297 % et 53,504 %, affichée 53,4 %. 56 pays sont au-dessus de 50 % et 28 sous 10 % ; 17 sont à 90 % ou plus et 20 sous 5 %. La part agricole est déclarée par 102 des 106 ; sa médiane est de 89,15 %, affichée 89,2 %, et la médiane hors agriculture sur les 106 est de 46,66 %, affichée 46,7 %.
  5. La corrélation est un coefficient de Pearson sur les 106 entre la part et le logarithme naturel du PIB par habitant en PPA (Banque mondiale NY.GDP.PCAP.PP.KD, 2024). Les tiers de revenu coupent les 106 à environ 11 000 et 30 000 dollars, soit 35, 35 et 36 pays ; le chiffre de chaque tiers est la moyenne, ou la médiane, non pondérée de ses membres. Ils décrivent comment les parts se disposent entre pays, pas comment un pays a bougé. Le revenu par habitant de la France est 5,8 fois celui de l’Inde, 54 799 contre 9 416 dollars.
  6. L’arrondi n’est fait qu’une fois, à l’affichage : la part de l’Inde est de 87,197 %, celle de la France de 3,394 %, celle du Niger de 98,490 % et celle de la Suisse de 1,093 %. Les 93,9 % de Nauru proviennent d’un recensement et en font le seul pays à revenu élevé au-dessus de 60 % ; l’article ne cite aucun chiffre qui repose sur lui.

BabZituna évalue chaque offre au regard de votre profil selon six dimensions réelles, et publie ce qu’il peut et ne peut pas mesurer. Voir le marché en direct.

Les marchés de cet article, en direct

Éditions précédentes